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Des Cigognes blanches nicheront-elles en Pays chantoire en 2021 ?

Nadine Depresseux

 

Voilà une question à laquelle personne ne peut répondre en ce mois de mars mais, tous les espoirs sont permis !

En effet, depuis 2019 au moins, des Cigognes blanches ont entamé, la construction de leur nid sur le territoire de la régionale : une première sur un pylône électrique à Dolembreux et une seconde, sur un arbre dans le Domaine Provincial de Wégimont.

Un observateur de 1ère ligne nous raconte, avec enthousiasme, ses observations à Dolembreux : « Ferdinand (c’est le nom donné à cette cigogne mâle) est arrivé en 2019 ; le nid a été construit et il était souvent présent.  En 2020, il est revenu au mois d’avril et de nouveaux matériaux ont été apportés sur le nid ! une femelle s’est présentée et des manœuvres d’accouplement ont eu lieu mais… sans succès… » Nid encore trop petit ? individu trop jeune ? peut-être aura-t-il plus de chance cette année !

Du côté de Wégimont, la Cigogne est présente, elle aussi, depuis 2019 ! Elle a d’abord été surprise à squatter un nid de Héron sur l’étang principal et puis, en 2020, elle a commencé la construction d’un nid non loin de là.  Une femelle a été observée brièvement.  La grosse différence entre Ferdinand et cette Cigogne est que celle-ci est présente toute l’année ! Pourquoi ? Peut-être a-t-elle eu un souci qui l’a empêché de repartir mais surtout, elle profite d’un nourrissage régulier ce qui la conduit à une sédentarisation par opportunisme …

 

Ce qui nous permet d’y croire …

Historiquement, des écrits rapportent qu’au moyen-âge, cette espèce aurait profité des défrichements et était bien installée dans nos régions.  Elle aurait niché de manière tout à fait naturelle en Campine et en Flandre occidentale au 18 et 19ème siècle ! et puis, au 20ème siècle, les méthodes agricoles ont évolué (intensification, utilisation non raisonnée des pesticides, …) ce qui a mis en péril quasi toutes les populations d’Europe occidentale.

Dès les années 1950-60, des programmes de réintroductions fructueux ont été mis en place dans plusieurs pays européens et chez nous : au Zwin (Flandre occidental), à Plankendael (Province d’Anvers) et, plus récemment, à Pairi Daiza (Province de Hainaut). Certains de ces oiseaux sont sédentarisés et d’autres effectuent une migration tout à fait classique.

 

Et en Wallonie ?

De 2001 à 2004, un couple a niché à Horion-Hozémont.  Nous savons, grâce au suivi par baguage scientifique, que la femelle était née en Allemagne ; on n’a pas pu définir la provenance du mâle ! Les ornithologues ayant suivi ce couple ont supposé que le choix de ce site pour nicher pouvait être lié à un problème de plumage chez la femelle à l’automne 2000 qui aurait compliqué une fin de migration mais aussi à une diminution de l’instinct migratoire de populations issues de programmes de réintroduction.

A Virelles, sur le site de l’Aquascope, 1 couple niche depuis 2015 et un 2ème depuis l’année dernière.

 

Nourriture disponible

Pour être une terre d’accueil convenant à la nidification de la Cigogne blanche, il faut évidemment que la nourriture y soit assez abondante, de quoi subvenir aux besoins de toute la famille.

En plus des programmes de réintroduction, l’Europe, et donc notre pays, profite de mesures agro-environnementales et/ou de conservation de la nature. Ces mises en place sont, évidemment, favorables aux Cigognes : les prairies de fauche humides, les fauches tardives, les étangs et les mares, les bandes enherbées, … des espaces humides et de nombreux reptiles, amphibiens, micromammifères, gros insectes, … de quoi faire leur bonheur !

 

Leur cycle de vie

A partir de début mars, les individus adultes reviennent sur leur site de nidification auquel ils sont fidèles.  Les jeunes oiseaux rentrent un peu plus tard et jusqu’à leur quatrième année, âge théorique de leur maturité sexuelle, vont errer au rythme des saisons, à la recherche d’un site et d’un compagnon tout en affinant leur apprentissage.

Dès leur retour, les couples vont recharger leur nid et se livrer à leur cérémonial fait de « salutations » et de claquements de bec.  Les accouplements suivront très vite et une moyenne de 4 œufs seront pondus. La couvaison et l’élevage des jeunes seront assurés par les 2 parents jusqu’après leur sortie du nid, soit à l’âge de +/- 2mois.

Dans le courant des mois d’aout et septembre, ce sera déjà le grand départ des populations vers leurs sites d’hivernage.  Elles voyagent de jour, en général par petits groupes mais des volées de plus de 400 individus ont pu être observées. Les itinéraires se transmettent par apprentissage d’une génération à l’autre. Leur grande envergure leur permet de privilégier le vol plané, moins fatiguant que le vol battu.  Ainsi, elles profitent des courants chauds ascendants dans des zones dégagées, montent en altitude et se laissent « glisser » jusqu’aux suivants.  Elles éviteront de traverser la Mer car ces courants y sont absents, ce qui explique qu’elles passent par les détroits.

Celles que nous avons la chance de pouvoir observer en transit chez nous sont principalement issues des Pays-Bas et de l’ouest de l’Allemagne.  Elles descendent, via le détroit de Gibraltar, vers l’Afrique subsaharienne, du Sénégal au Cameroun, où elles passeront notre saison hivernale avec une quantité de nourriture assez abondante pour subvenir à leurs besoins.  Notons que certaines d’entre elles, hivernent, depuis quelques années, en Espagne ou au nord de l’Afrique, ayant la possibilité de trouver de la nourriture dans des décharges ménagères et que d’autres, comme expliqué plus haut, sont sédentarisées ! 

 

Mais voici que Ferdinand est de retour depuis ce 6 mars !!!

Nous aurons donc, peut-être, la chance d’admirer le beau spectacle de la nidification de ces oiseaux tout près de chez nous mais … n’oublions pas que le sauvage est fragile et à préserver ! tâchons donc de le respecter !

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