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Un jardin pour les abeilles sauvages

Paul Van Damme

Lorsque l’on parle du déclin des abeilles, il est souvent fait référence à l’abeille mellifère (Apis mellifera) domestiquée par l’homme dans le but de produire du miel et de polliniser les cultures. N’oublions pas cependant les abeilles sauvages dont de nombreuses espèces (dont les bourdons) sont elles aussi en déclin suite à la destruction et à la dégradation de leurs habitats (urbanisation, intensification des pratiques agricoles, pesticides…). Il n’est pas question ici de vous présenter l’énorme biodiversité qu’elle représente, sachez toutefois que 20.000 espèces d’abeilles ont été recensées à travers le monde, 2000 en Europe et pas loin de 400 en Belgique…sans aucun doute beaucoup moins dans votre jardin, néanmoins,  avec quelques gestes adéquats, vous pourrez engendrer des conditions propices à leur installation. Notons le rôle important que jouent les abeilles sauvages au niveau de la pollinisation, ce sont donc de précieux auxilliaires pour le jardin. Il est donc important de favoriser leur présence.

Comment ?

Tout simplement en leur offrant le gîte et le couvert (disponibilité des ressources alimentaires), les deux facteurs étant totalement indissociables. A noter toutefois qu’il faut donner la priorité aux ressources alimentaires, à savoir les plantes mellifères.


En ce qui concerne le gîte, il faut retenir qu’il existe 3 grands types d’abeilles :
-    Les abeilles terricoles telles que les andrènes, qui sont généralement peu exigeantes et qui peuvent parfois s’installer dans les pelouses de jardins sans qu’aucun aménagement spécifique n’ait été prévu. Elles s’installent aussi sur des buttes ou des talus bien exposés avec peu ou pas de végétation.
-    Les abeilles rubicoles (cératines) qui nidifient dans des tiges contenant de la moelle.
-    Les abeilles caulicoles (osmies, mégachiles…) qui nidifient dans des espaces creux comme les tiges creuses, les galeries creusées dans le bois par d’autres insectes, au niveau des trous d’aération vos fenêtres…


Vous pouvez reproduire de tels sites de nidification soit en aménageant un tas de sable dans un site bien exposé soit en construisant de petits hôtels à insectes au moyen de tiges à moelle (sureau, rosier, ronce, framboisier…), de tiges creuses (bambou, berce, angélique, fenouil...), de bûches ou blocs de bois perforés (trous de 3 à 12 mm de diamètre et 10 à 20 cm de profondeur). Ces hôtels doivent être installés dans un lieu abrité et assez ensoleillé (exposition sud à sud-est).


En ce qui concerne le couvert, il faut retenir qu’il existe 2 grands types d’abeilles :
-    les abeilles à langue courte  (langue plus courte que la longueur de la tête) telles les andrènes, les collètes…
-    les abeilles à langue longue (langue plus longue que la longueur de la tête) dont font partie les bourdons, les mégachiles, les osmies… ainsi que l’abeille domestique.


Sachant que les abeilles se nourrissent du pollen et du nectar présents sur les fleurs, elles butineront plutôt certaines familles de fleurs plutôt que d’autres en fonction de la longueur de leur langue.
Les abeilles à langue longue butineront pour une bonne part des Labiées (lamier, sauge…) et des Fabacées (trèfle, vesce, lotier…) tandis que les abeilles à langue courte butineront volontiers des fleurs à corolle courte et pétales libres avec le nectar facilement accessible. Ces fleurs appartiennent à certaines familles telles les Astéracées (marguerite), les Rosacées (ronce) ou les Apiacées (Carotte sauvage).


Afin que les abeilles sauvages puissent approvisionner les cellules larvaires et assurer le bon développement de leur descendance, il est important de bien sélectionner les plantes à fleurs d’intérêt et de prévoir une abondance locale suffisante pour avoir un réel impact sur l’installation durable des populations de certaines abeilles sauvages. Il est également important que vos parterres présentent un mélange d’espèces à floraison précoce avec d’autres à floraison plus tardive afin d’offrir une source de pollen et de nectar tant aux abeilles printanières qu’aux abeilles estivales. Les espèces indigènes sont à privilégier sans écarter les espèces horticoles, citons à titre d’exemple la knautie de Macédoine qui vous permettra éventuellement d’accueillir l’andrène de la knautie (Andrena hattorfiana). Evitons toutefois les espèces exotiques invasives ainsi que les espèces stériles ou à fleurs doubles utilisées à des fins uniquement décoratives.
Voici à titre informatif quelques plantes à installer au jardin pour aider les abeilles sauvages :
Achillée millefeuille, Angélique officinale, Bétoine officinale, Bleuet des champs, Campanules, Carotte sauvage, Ciboulette, Consoude, Crocus, Epiaire de Byzance, Knautie, Lamiers, Lavandes, Lierre rampant, Lotier corniculé, Lysimaque, Molène noire, Muscari d’Arménie, Orpins, Pissenlit, Pois de senteur, Pulmonaire officinale, Ronce commune, Salicaire pourpre, Trèfles, Vesce, Vipérine…


Concernant les plantes mellifères, vous pourrez obtenir des infos complémentaires  en consultant les sites suivants :

 

  • Un jardin pour les abeilles sauvages:

www.jedonnevieamaplanete.be/uploads/jardin_pour_abeilles_sauvages_brochure_fr.pdf

  • Vers un fleurissement favorable aux pollinisateurs:

environnement.wallonie.be/publi/fleurissement-vf.pdf

  • Fleurs sauvages et prairies fleuries pour nos pollinisateurs:

www.wallonie.be/sites/wallonie/files/publications/brochure_praires_fleuries-2012.pdf

Autres références :

  • Découvrir & protéger nos abeilles sauvages, Nicolas Vereecken, Ed. Glenat, 2017
  • Un jardin pour les abeilles, 80 plantes pour attirer bourdons, abeilles sauvages et domestiques, Elke Schwarzer, Ed. Delachaux et Niestlé, 2019
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